Sœur Catherine Bourgeois + Ermite catholique, peintre

 

Lundi dans l’octave de Pâques (C) – 3e nocturne

« Allez annoncer à mes frères
qu’ils doivent se rendre en Galilée :
c’est là qu’ils me verront »
(Mt 28, 8-15)

 

En ce temps-là, quand les femmes eurent entendu les paroles de l’ange, vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. » Tandis qu’elles étaient en chemin, quelques-uns des gardes allèrent en ville annoncer aux grands prêtres tout ce qui s’était passé. Ceux-ci, après s’être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme en disant : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.” Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. » Les soldats prirent l’argent et suivirent les instructions. Et cette explication s’est propagée chez les Juifs jusqu’à aujourd’hui.

 

Sermon de saint Augustin, évêque

Sermo 45, 5 : CCL 41, 519-520

Qu’est-ce que l’Église ? Le corps du Christ. Joins le chef à ce corps, et voilà un homme ; car l’homme a nécessairement une tête et un corps. Quel est le chef ? Celui qui est né de la Vierge Marie, qui a pris un corps mortel exempt de tout péché, qui a été frappé, flagellé, outragé, crucifié par les Juifs, qui a été livré pour nos péchés et qui est ressuscité pour notre justification. Il est à la fois le chef de l’Église et le pain de cette terre. Et son corps, quel est-il ? C’est son épouse, à savoir l’Église.

Ils seront deux en une seule chair. Ce mystère est grand, je parle du Christ et de l’Église. Le Seigneur dit, dans l’évangile, de l’homme et de la femme : Ils ne seront plus deux, mais une seule chair. Il a voulu par conséquent que l’Église et le Christ ne forment qu’un seul homme-Dieu. Au ciel se trouve le chef et sur terre les membres. Le Christ n’a pas voulu ressusciter avec les membres, mais avant eux, afin de susciter leur espérance. Le chef a voulu mourir, pour ressusciter le premier ; il est monté le premier au ciel, afin que les membres tirent leur espérance de leur tête et attendent en eux l’accomplissement de ce qui s’est fait dans la tête.

Pourquoi donc le Christ avait-il besoin de mourir, lui qui est le Verbe de Dieu, par qui tout a été fait et dont il est dit : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Tout a été fait par lui ? Il a été crucifié, insulté, transpercé, enseveli. Et tout a été fait par lui. Mais, puisqu’il a daigné se faire la tête de l’Église, l’Église aurait désespéré de ressusciter si elle n’avait pas vu que son chef était ressuscité.

Le chef est donc ressuscité et on l’a vu ressuscité. Des femmes l’ont vu d’abord et ont porté la nouvelle aux hommes. Les premières, les femmes ont vu le Seigneur ressuscité et elles ont annoncé cette bonne nouvelle aux apôtres, les futurs évangélistes. C’est par des femmes que le Christ leur a été annoncé. Évangile signifie en latin « bonne nouvelle ». Ceux qui connaissent le grec savent cela. Et quelle autre bonne nouvelle peut-elle être annoncée que la résurrection de notre Sauveur ?

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